Auteur : Corinne LE CAIGNEC (P 1990 ICiv)
Corinne LE CAIGNEC (P90)
Diplômée de Mines ParisTech en 1990, elle est également titulaire d’un mastère en Inégieneir et Gestion de l’environnement (ISIGE 1993). Corinne est spécialiste des questions de transition énergétique et écologiques. Elle a réalisé tout son parcours professionnel dans l’industrie, plus précisément dans la sidérurgie, où elle a exercé diverses responsabilités, notamment comment Directrice Climat Environnement d’ArcelorMittal France.
« Longtemps la réponse aux enjeux environnementaux s’est limitée au développement et à l’adoption de nouvelles mesures ou solutions techniques, or elle nécessite un changement en profondeur des modes de vie et de consommation»
Marches pour le Climat, mobilisation mondiale des jeunes menés par la suédoise Greta Thunberg, publication du manifeste étudiant en France, action en justice des ONG contre les gouvernements, résultats des dernières élections européennes… En 2019, l’environne- ment, la transition écologique, restent bien au cœur des pré- occupations citoyennes.
Pendant longtemps, la réponse à ces enjeux s’est souvent limitée au développement et à l’adoption de nouvelles mesures ou solutions techniques. Si cette étape est indispensable, aujourd’hui les avis d’experts convergent : cette approche pose problème car elle laisse de côté la dimension non technologique de cette évolution. Focaliser l’attention sur la technique a permis pour un temps de faire oublier que sa diffusion s’accompagnerait inévitablement d’une réflexion sur ses usages. la réponse aux enjeux environne- mentaux nécessite un changement en profondeur des modes de vie et de consommation, notamment en matière de mobilité, d’urbanisme, d’alimentation…
Et elle ne peut se faire sans la participation active des citoyens, des consommateurs.
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Mais y sommes-nous prêts ?
l’Insee se penche régulièrement sur les préoccupations environnementales des Français. Sur le constat, il y a consensus : plus de quatre Français sur cinq considèrent que la vie moderne nuit globalement à l’environnement. Mais s’ils se disent sensibles à ces questions, les Français n’agissent pas forcément en conséquence et n’ont d’ailleurs pas tous la même capacité à agir.
comment se l’expliquer ?
Il y a évidemment des raisons économiques : les citoyens n’ont pas tous la faculté de financer les efforts nécessaires, comme l’isolation de leur logement, et les mesures d’incitations peuvent être insuffisantes ou mal ciblées. Cependant, d’autres facteurs limitent notre volonté et capacité à agir. D’une part, une méconnaissance des processus, souvent complexes. Dans ce cas, comment adopter les bonnes pratiques quand la compréhension personnelle des sujets est un élément clé de la modification des comportements. D’autre part, le passage à l’action implique des changements profonds de nos habitudes et de nos préférences individuelles.
Restreindre ce qui est a priori à disposition, contraindre ce qui apparaît une liberté acquise, ne va pas naturellement de soi.
Enfin, la psychologie humaine n’aide pas forcément. le cerveau a du mal à appréhender et à agir face à un risque éloigné dans le temps, soumis à des incertitudes, et qu’il ne perçoit pas comme le concernant directement. Sans compter que l’individu, lorsqu’il n’y est pas contraint, n’est pas nécessairement incité à agir individuellement pour un problème global.
comment y parvenir ?
Évidemment les pouvoirs publics ont leur rôle à jouer, en fixant des cadres, d’obligation ou d’incitation.
Mais les entreprises ont aussi leur mot à dire et leur responsabilité dans cette mise en mouvement.
Elles sont aujourd’hui en mesure – et ont même tout intérêt – à accompagner leurs clients, et la société en général, dans cette transition vers des modes de consommation plus durables.
Leur capacité à influencer les comportements individuels est majeure, aussi bien au travers des business models qu’elles proposent que des valeurs qu’elles véhiculent.
Les sociétés coopératives par exemple, connaissent un développement significatif et placent par construction les attentes clients au cœur du modèle.
Les entreprises ont aussi un rôle clé dans la formation des représentations dans lesquelles se projettent les consommateurs, consciemment ou inconsciemment. les marques dites « responsables » se multiplient, notamment dans la distribution, l’alimentation ou le luxe. Et en installant des stratégies volontaires associant éco-avantages aux avantages classiques liés à l’acte de consommer (santé, image…), le bénéfice est double : l’entreprise tire parti du marché, qui voit son impact réduit…
Ce dossier, qui rassemble différents articles de sociologues, scientifiques mais aussi des témoignages ou des visions d’acteurs plus personnellement engagés (vous saurez les reconnaître !) ne vous livrera pas une analyse exhaustive et objective du sujet. Il a plutôt pour vocation d’attirer votre regard sur la dimension humaine et sociétale des réponses à apporter aux enjeux du Développement Durable : appel au réveil écologique des étudiants, analyse des attentes citoyennes dans l’étude zEN 2050, nouveaux business models coopératifs dans l’énergie, marque responsable, stratégie marketing gagnante des entreprises vertes, place des éco labels, approche sociotechnique de la réduction de la consommation énergétique dans le bâtiment, analyse des leviers de l’action… Autant de contributions qui, j’espère, retiendront votre attention et vous interpelleront sur vos propres motivations et capacités individuelles à passer à l’acte…
Bonne lecture ! ■
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