Auteur : Didier PERRIN (P 1985 ICiv)
Jeudi 12 mars 2020. Emmanuel Macron prend la parole à la télévision devant 22 millions de Français et annonce une montée en puissance dans les mesures à prendre pour endiguer l’épidémie de Covid-19. Les gestes barrière sont érigés en nouvelle norme sociale. Dans la foulée, et dès le samedi minuit, tous les restaurants, cafés, brasseries ferment sans limite de durée.
Malgré cela, le dimanche, par une journée ensoleillée et chaude, les parcs et les espaces publics sont pleins : promenades en famille, déjeuners sur l’herbe, discussions entre amis… La France ne sait pas encore jauger la gravité du moment.
Sans doute avons-nous oublié ce que peut être une épidémie foudroyante. Le siècle dernier en a pourtant gardé des traces : grippe espagnole de 1918-1920, au moins 50 millions de victimes dans le monde, grippe asiatique de 1957-1958, 2 millions, grippe de Hong Kong 1968-1969, 1 million.
Le 16 mars, le confinement est décrété en France. Sidération, résignation, incompréhension. Mais acceptation. Il faut dire que l’Italie et l’Espagne, toutes proches, ont précédé la France, et que chaque jour qui passe en France voit alors croître très vite le nombre d’hospitalisations et de décès.
L’épreuve avait déjà commencé. Elle prend désormais une tournure impensable, globale, inconnue.
Elle révèle aussi une formidable capacité à se mobiliser, à faire face, à réagir, à faire preuve de solidarité. C’est notamment ce que nous avons voulu mettre en avant dans ce numéro.
Lundi 11 mai 2020. La situation sanitaire est jugée moins critique. Le déconfinement se met en place, les activités reprennent progressivement, certains secteurs économiques restent toutefois à l’arrêt.
Et chacun a la confirmation de ce qu’il avait déjà compris : la vie d’avant n’est plus, et ne le sera sans doute plus pendant longtemps. Il va falloir vivre avec, différemment.
Alors commence ce travail de recul, de reconstruction, d’imagination, mais aussi de questionnement et de perspective quant à l’avenir.
Tout va continuer à changer très vite, les impacts seront probablement considérables, sur nos comportements sociaux, sur nos modes de travail et de loisirs, sur l’emploi, sur la pauvreté, sur l’État, sur les entreprises, et sur les choix que nous ferons pour nos essentiels de demain.
Cette nouvelle donne extrême sera à l’origine de risques exacerbés et d’opportunités multipliées. Comment les contiendrons-nous ? Comment en tirerons-nous bénéfice?
La Revue reviendra sur ces dimensions dans son prochain numéro.
Avec humilité, conscience et maîtrise, il n’appartient qu’à nous d’inventer de nouveaux modes sinon de nouveaux mondes.
Bonne lecture. Portez-vous bien. Et à très bientôt.
DIDIER PERRIN (P85), Rédacteur en Chef
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